L’association AJIR 80 dénonce un « hommage au rabais » de la préfecture et prépare un rassemblement alternatif pour la journée nationale d’hommage aux harkis.
À l’approche de la Journée nationale d’hommage aux harkis et aux membres des formations supplétives, ce vendredi 25 septembre, le climat s’alourdit à Amiens. L’association AJIR 80 (Justice, Information et Réparation pour les Harkis) accuse les services de l’État de négligence et d’un manque criant de considération envers la mémoire de ces anciens combattants. En cause : une superposition de cérémonies officielles qui contraint l’organisation préfectorale au chevauchement.
Deux cérémonies au même moment !
Ce vendredi matin, la préfecture d’Amiens doit faire le tour chronologique particulièrement chargé. Après un premier hommage rendu au Général-Leclerc à 9 heures, la cérémonie nationale dédiée aux harkis a été maintenue à 11 heures place Foch. Problème : une prise de commandement au sein de la gendarmerie nationale est programmée exactement au même moment. Face à ce télescopage protocolaire, l’option d’avancer la cérémonie des harkis à 10 h 45 a été proposée. « Une alternative finalement rejetée par la préfecture, qui a maintenu l’horaire de 11 heures. Conséquence directe : les porte-drapeaux, sollicités en priorité pour la cérémonie militaire de la gendarmerie, ne pourront participer à l’hommage national. Pour l’association AJIR 80, cette organisation au rabais prive l’événement de la solennité due aux anciens combattants et à leurs descendants », soutiennent les membres d’AJIR 80.
AJIR 80 prévoit un autre lieu de rassemblement
« Que reste-t-il de la reconnaissance de la Nation lorsque, dans l’organisation concrète, les harkis deviennent une nouvelle fois secondaires ? », dénonce le communiqué de l’association. Plus de 60 ans après la fin de la guerre d’Algérie, l’association pointe du doigt le paradoxe de privilégier une cérémonie militaire au détriment de ceux qui ont précisément combattu au service de la France. Profondément blessée par ce qu’elle qualifie de rupture entre les discours officiels et les actes concrets, l’association AJIR 80 refuse de cautionner ce qu’elle décrit comme un « hommage au rabais ». Contactés ce mardi matin, les services de la préfecture n’ont pour l’instant pas donné suite à notre demande.
L’association envisage très sérieusement de boycotter le rassemblement de la place Foch. Selon nos informations, ses membres et les familles de harkis pourraient se réunir au même moment dans un autre lieu emblématique d’Amiens, tenu secret pour l’instant, afin de célébrer leur propre hommage et recueillement, en toute dignité.
Pour le courrier Picard : Christophe Berger
Journaliste























