La ville de Brignoles organise une conférence de Mohand HAMOUMOU, président d’honneur d’AJIR, le 30 septembre 2026 à 18 heures 30 au Hall des expositions. Un article de « Presse Agence », ci-dessous, présente cette conférence qui évoque le douloureux sujet de l’histoire des Harkis…
L’historien Mohand Hamoumou animera une conférence le 30 septembre pour décrypter le « double abandon » et le « triple silence » subis par les Harkis.
La complexe et douloureuse histoire des Harkis sera au cœur d’une conférence d’histoire contemporaine donnée par Mohand Hamoumou, le mercredi 30 septembre prochain à 18h30, au Hall des Expositions. Intitulée « Harkis : une tragédie, un double abandon, un triple silence », cette intervention se propose de revenir sur l’un des chapitres les plus sensibles de la mémoire franco-algérienne.
Un drame post-colonial
Le terme « Harkis » désigne les supplétifs algériens qui ont combattu aux côtés de l’armée française durant la guerre d’Algérie (1954-1962). Après la signature des accords d’Évian en mars 1962, qui a scellé l’indépendance de l’Algérie, leur destin a basculé dans la tragédie. Tandis qu’une minorité a pu être rapatriée en France dans des conditions souvent précaires, des dizaines de milliers d’entre eux, désarmés et abandonnés sur place, ont été victimes de terribles représailles de la part du nouveau régime et d’une partie de la population.
Le poids d’un « double abandon »
Le titre de la conférence met en lumière la notion de « double abandon ». Le premier est celui de la France, qui n’a pas su ou voulu organiser leur protection et leur rapatriement massif, manquant ainsi à sa promesse envers ceux qui l’avaient servie. Le second est celui de leur terre natale, l’Algérie, qui les a considérés comme des traîtres et les a exclus de la communauté nationale. Cette double peine a engendré un déracinement et une crise identitaire profonde pour les survivants et leurs descendants, accueillis en France dans des camps de transit aux conditions de vie souvent indignes.
Briser le « triple silence »
Au-delà de l’abandon, la conférence abordera le « triple silence » qui a longtemps entouré cette histoire. Il s’agit d’abord du silence de l’État français, qui a mis des décennies à reconnaître officiellement sa responsabilité historique. S’y ajoute le silence du monde académique et médiatique, qui a tardé à se saisir de ce sujet mémoriel sensible. Enfin, un silence s’est souvent installé au sein des familles de Harkis elles-mêmes, où la transmission de ce passé traumatique s’est avérée extrêmement difficile.
L’intervention de Mohand Hamoumou, sociologue et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le sujet, offrira un éclairage expert pour comprendre les mécanismes de cette tragédie et les enjeux mémoriels qui perdurent encore aujourd’hui. Cette rencontre sera l’occasion de donner des clés de lecture sur une page sombre de l’histoire de France, dont les répercussions continuent de marquer la société contemporaine.
via Presse Agence.






















