Réseau AJIR pour les Harkis : valeurs et lignes guides

Le réseau national AJIR pour les Harkis est né de la volonté commune de personnalités et d’associations d’agir ensemble dans l’intérêt des familles d’anciens harkis au sens générique de tous ceux qui en raison de leur engagement au service de la France ont quitté l’Algérie après les accords d’Evia en 1962.
AJIR est une association POUR les Harkis mais pas une association DE Harkis ce qui signifie que toutes les personnes qui estiment que notre combat est juste sont les bienvenue. Ensemble nous oeuvrons pour faire connaître l’Histoire des Harkis, veiller à sa transmission objective, lutter pour l’obtention d’une juste réparation pour les préjudices subis du fait de l’abandon en 1962 puis le délaissement de ceux qui purent gagner la métropole dans des lieux aux conditions de vie indignes.
Les valeurs et principes énoncés ci-dessous sont acceptés par les adhérents d’AJIR.
- Chaque membre et association peut et doit apporter loyalement sa contribution en fonction de sa disponibilité, de ses compétences, en accord avec les objectifs poursuivis. Il s’engage à participer, sauf cas de force majeure, aux réunions auxquelles il est convié.
- AJIR pour les Harkis est une association POUR les Harkis, citoyens français, mais pas une association DE harkis. Elle est donc ouverte à toute personne désireuse de participer au travail de diffusion de l’histoire des harkis ou de soutenir le combat pour que l’Etat reconnaisse ses responsabilités dans l’abandon des harkis et en répare les conséquences qui peuvent être réparées.
- Le prosélytisme politique ou religieux est interdit mais chacun est libre de ses convictions politiques, religieuses ou philosophiques.
- La liberté d’expression est reconnue pour tous les membres, dans le respect de la dignité et des convictions des autres membres et en s’interdisant tout prosélytisme.
- Le respect des décisions prises à la majorité des membres présents est un principe intangible, garantie d’un fonctionnement démocratique.
- L’association vise également à favoriser entre ses membres solidarité, entraide et fraternité.
Les adhérents d’AJIR sont tous ses ambassadeurs. Il incombe donc à chacune et chacun d’en donner la meilleure image par un comportement digne et des propos mesurés.
Les adhérents s’obligent à un devoir de confidentialité quant aux informations internes reçues lors de réunions ou sur les groupes privés (Facebook, Teams, etc) réservés aux adhérents.
Objectifs prioritaires d’AJIR pour les Harkis ( AG 2021)
1. Faire voter une loi
Qui reconnaît officiellement la responsabilité de L’État français dans l’abandon des harkis avec notamment le désarmement des troupes supplétives avant le cessez-le-feu, le refus de permettre à tous les supplétifs de partir en métropole, la non-assistance aux personnes menacées, emprisonnées, torturées après le 19 mars 1962 et après l’indépendance de l’Algérie, les massacres de dizaines de milliers de supplétifs et personnes ayant servi la France.
Qui reconnaît officiellement le traitement indigne infligé à ceux rapatriés ou qui purent se réfugier en métropole, relégués dans des camps isolés avec pour beaucoup des séquelles et pour tous une inégalité des chances.
Qui stipule que la Nation s’engage à réparer les préjudices matériels et moraux subis par les harkis en raison des conséquences des faits reconnus ci-dessus.
Qui prévoit la mise en place d’une commission d’évaluation des préjudices matériels, moraux et psychologiques, composée de hauts magistrats, parlementaires, universitaires, personnalités qualifiées, dont des représentants des anciens harkis et leurs familles, afin de définir la population concernée, une méthode et un cadre pour l’évaluation de tous les préjudices avérés et réparables en levant les dates de forclusion pour permettre à de nombreuses veuves de faire valoir leurs droits, sans oublier les pupilles de la Nation et les orphelins de guerre (Algérie).
Qui crée un fond d’indemnisation comme cela existe pour d’autres victimes (d’attentats ou de l’amiante par exemple) pour concrétiser le travail de la commission d’évaluation des pertes matérielles des anciens harkis et des préjudices matériels et moraux subis par eux même, leurs épouses et leurs enfants.
Qui renforce la lutte contre les discriminations dont sont parfois victimes ces citoyens français en raison de leur patronyme ou origine et qui complète la loi de 2005 interdisant l’utilisation malveillante du terme Harki en y ajoutant les sanctions encourues en cas de délit.
2. Veiller à l’intégration de l’histoire objective des combattants de l’ex Union française
- en mettant l’histoire complexe de la colonisation et décolonisation dont la Guerre d’Algérie dans les programmes d’histoire de toutes les classes de fin de cycle (CM2, 3eme, Terminale)
- en allouant de réels moyens, notamment par la création d’une Fondation demandée depuis longtemps) pour favoriser expositions et publications pédagogiques, pour mieux former les enseignants aux enjeux de la Mémoire et à l’Histoire complexe des Harkis.
- en faisant participer les témoins encore en vie dans des classes après accord indispensable des enseignants sous l’égide de l’ONAC et des chargés de mission MEMOIRE en lien avec les associations locales.
3. Dans l’attente de la réparation des préjudices subis, mettre rapidement des mesures fortes de solidarité (doublement de l’allocation viagère de reconnaissance) pour ceux qui souffrent encore de difficultés sociales et économiques afin de garantir une retraite décente pour les tous les anciens Harkis encore en vie, sans oublier toutes les veuves qui, elles aussi, ont souffert du traumatisme du déracinement et des conditions indignes d’installation
4. Acter, suite à une réflexion préalable, les dates de commémorations concernant la guerre d’Algérie en les resituant dans le récit national de l’histoire de France. Si le 19 mars 1962, date du « cessez-le-feu », est une date importante pour les appelés elle ne saurait être une célébration de victoire au même titre que le 8 mai 1945 ou 11 novembre 1918 car pour les Harkis et Pieds Noirs ce fut le début de massacres et exactions. La journée nationale d’hommage aux harkis doit être pérennisée en étudiant une date ayant plus de lien avec leur histoire tragique, comme le 12 mai par exemple. (le 25 septembre comme le 5 décembre n’ont pas de racines historiques).
5. Mettre en valeur au service de la République, (notamment dans la haute fonction publique, au CESE,etc) des parcours de réussite reconnus de membres méritants de cette composante de la Nation pour servir d’exemples. Témoigner de la reconnaissance aux anciens Harkis en les mettant à l’honneur lors de remises de distinctions et des cérémonies patriotiques. Soutenir les projets de préservation de lieux de mémoire (notamment les lieux d’inhumation près des camps) et toutes les actions ou projets visant à mieux faire connaître leur histoire.