Demain nous serons le 26 mars. Un jour pas anodin. Mais qui s’en souvient ?

Pour certains, le 26 mars, c’est la « journée internationale de la vie sauvage » décidée par les Nations Unies pour sensibiliser à la protection de la flore et faune sauvages.

Pour celles et ceux qui connaissent l’histoire de la guerre d’Algérie, le 26 mars c’est celui de 1962 et du drame de la rue d’Isly.  Mais qui s’en soucie ?

A AJIR on n’oublie pas. Non par gout masochiste de ressasser des moments cruels et des souvenirs douloureux. Mais simplement pour ne pas oublier qu’un État démocratique peut s’avérer aussi répressif qu’une dictature. Ne pas oublier que des femmes et des hommes qui, après le cessez le feu du 19 mars, manifestaient pacifiquement contre le bouclage d’un quartier d’Alger sont tombés sous les balles de militaires et de policiers français. La fusillade fit une cinquantaine de morts et environ 200 blessés.

Avec le temps, la colère et la souffrance s’atténuent, disparaissent parfois, en surface. Mais restent la conscience de l’injustice et le devoir de lutter contre l’oubli.

Le 26 janvier 2023, le Président de la République Emmanuel Macron, poursuivant le travail de vérité sur la guerre d’Algérie, a reçu à l’Élysée des associations de Pieds Noirs. Comme il avait reconnu l’abandon des Harkis après le 19 mars 62, il a, au nom de la France, reconnu aussi la « tragédie » du 26 mars 1962. « Ce jour-là, les soldats français déployés à contre-emploi, mal commandés, ont tiré sur des Français (…). Ce jour-là, ce fut un massacre »

Vous pouvez visionner un bref document audiovisuel de l’INA en cliquant sur le lien

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i18057075/fusillade-du-26-mars-1962-rue-d-isly-

Les images réalisées par René DUVAL pour « Cinq colonnes à la une »  ne furent pas diffusées.

Nous dédions cet article à  la mémoire des victimes de la rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962 et à Nicole Ferrandis qui, avec son association, se bat depuis si longtemps pour que l’oubli ne les tuent pas une seconde fois.